Réforme du code de la route : la grande naïveté

de | mars 3, 2016

J’avoue, je ne suis pas devin et je m’étais trompé sur certains points de la réforme en cours sur le passage de l’épreuve théorique générale (la vitesse de mise en place et le coût pour les candidats). Pour autant, je pense qu’il ne faut pas se tromper quant aux risques de cette réforme. Et de fait, il  convient comme d’habitude de trouver le juste milieu entre les défenseurs du « c’était mieux avant » et ceux du » il faut absolument réformer ». Mais de fait qu’implique la réforme ?

D’abord et directement une augmentation du coût au moins au début.

Pour un gouvernement qui veut faire baisser le prix du permis de conduire, créer un dispositif qui l’augmente de fait est paradoxal ! Surtout de 30 euros. Certains y verrons même un moyen de récupérer quelque d’euros via la TVA (en 2014, 1,4 millions d’ETG ont été passés). Mais en réalité la question est plus subtile. N’y a-t-il pas la volonté de « court-circuiter » les auto-écoles sur le surcoût qu’elles avaient de cet examen. En effet, le décret qui encadre le coût de l’examen d’une heure de prestation est difficilement vérifiable et l’auto-école pouvait de toute façon le répercuter ailleurs (sur le coût du forfait par exemple). De plus, en mettant en concurrence 3 opérateurs de passage, comment va s’organiser la concurrence ? Et si le prix est indicatif, ces derniers pourront-il le revoir à la baisse (tarifs de groupe, abonnement, etc) pour faire venir plus de monde chez eux ?

Il  est aussi probable que les auto-écoles qui vont devoir changer leurs séries de code, vont faire supporter le coût par les élèves. Un support DVD de 6 séries de 40 questions c’est une bonne centaine d’euros.

Cela va obliger les auto-école à travailler sur l’aspect pédagogique

C’est une des grandes escroqueries véhiculée par certains. Est-ce d’ailleurs une vraie croyance ou une image qu’on se donne ? Je n’en sais rien. Ce que je constate est statistique. Malgré les évolutions des diapos,  le nombre de plus en plus important de personnes qui se forment par l’intermédiaire d’internet, et la situation qu’on constate dans les auto-écoles d’auto formation, les résultats continuent d’augmenter. Ainsi sur les 4 dernières années le résultat est passé de 63% à 70% de réussite.

Une privatisation des examens

C’est sans aucun doute une réalité à moyen terme. De la même façon que le gouvernement s’est désengagé de la validation de la formation des futurs enseignants de la conduite, il se désengage de la validation de la formation initiale. D’abord par l’intermédiaire de l’examen théorique, il est à peu près certain qu’il le fera sur la pratique. Et le recours aux personnels de la Poste formés à Nevers ne peut que renforcer ce sentiment. En l’espèce cela va changer quoi ? Sans doute rien au début. Les opérateurs faisant très attention à respecter une éthique bienveillante sur le passage de cet examen. Mais après. Comment se feront les inscriptions ? Quel opérateurs choisir sur quel critère, sur quelle base ? Pourra-t-on choisir l’opérateur qui a les meilleurs résultats à l’examen ?

Amélioration de la sécurité routière

Un leurre dont je ne sais pas bien à qui il profite. Comment peut-on croire qu’une modification de QCM peut avoir une influence au regard de ce qui est constaté par les dernières statistiques de la sécurité routière ? Les deux dernières années ont vu une ré-augmentation des tués sur les routes avec globalement les mêmes règles, les mêmes personnes sur les routes, les mêmes organisations. Il n’y a pas eu moins de passage d’examen, plus de personnes qui conduisent sans permis ou de personnes étrangères qui conduiraient différemment. La raison principale de l’insécurité routière est l’augmentation de la vitesse moyenne de circulation des conducteurs français depuis 2 ans. Et les raisons sont relativement claires (météo clémente, carburant abordable, attentats de 2015 qui diminuent l’utilisation des transports en commun, etc.).

La réforme est nécessaire

Il faut une réforme de la formation à la conduite, mais une réforme qui soit vraiment porter sur ce qui est significatif, c’est à dire ce qui fera que le futur conducteur ne prenne pas trop de risque lorsqu’il sera seul. Pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de la réforme actuelle avec le REMC ? Pourquoi ne pas transposer ce qui se passe dans les stages de sensibilisation à la sécurité routière sur cette formation initiale avec un vrai travail sur les représentations des jeunes ? Pourquoi ne pas arrêter de réduire la formation à la sécurité routière à un examen de 40 minutes de question de plus en plus ambiguës et ne pas faire une formation continue sur plusieurs années ou plusieurs décennies ? Comment peut-on accepter de se former toute une vie à une activité professionnelle et ne pas vouloir se former régulièrement à l’évolution de la conduite automobile ?

A ne pas vouloir faire de vraie réforme, on s’engage inexorablement vers la voiture automatique qui doit régler définitivement le problème de l’insécurité routière. Et là aussi, il y a encore du travail ….

Une réflexion au sujet de « Réforme du code de la route : la grande naïveté »

  1. FACCHINETTI VERONIQUE

    MERCI POUR CES DERNIERS MOTS A SAVOIR : » POURQUOI NE PAS SE FORMER REGULIEREMENT A LA SECURITE??????? »
    COMMENT PEUT ACCEPTER UN PERMIS VALABLE A VIE ET EN PLUS BONUS 12 POINTS POUR FAIRES DES INFRACTIONS.???????
    METTEZ DEJA DES FAUTES ÉLIMINATOIRES A L ETG AU LIEU DE LES LAISSER FAIRE 5 FAUTES……
    LAISSER LES PROFESSIONNELS ENSEIGNANTS SECURITE ROUTIERES DONNER LEUR AVIS.
    ET MESDAMES MESSIEURS MONTER RÉGULIÈREMENT EN VOITURE AUTO ECOLE ET VOUS COMPRENDREZ NON SEULEMENT LE METIER MAIS VOUS DECOUVRIREZ LA MENTALITE DES ELEVES DES PARENTS ET DES AUTRES USAGERS.
    ENSEIGNANTE EN B

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